Programmation 2008

COLLOQUE

Supervitesse et wikimémoire

De l’accélération des consciences à la mise en réseau d’une mémoire fragmentée
14 et 15 février – 9 h à 17 h / salle Multi
Information / réservation : (418) 522-8918, poste 2 ou avatar@meduse.org
www.lenomdelachose.org/colloque/supervitesse

PRÉSENTATION    HORAIRE    CONFÉRENCES    CONFÉRENCIERS   

PRÉSENTATION

Si l’on voulait définir ce qui est spécifique à ce qui est convenu d'appeler les «nouvelles technologies» et qui regroupent principalement les diverses applications de l'informatique, il serait inévitable de parler de vitesse et de mémoire.

En fait, selon la littérature, il s'agirait des deux faces d'une même pièce : la vitesse et la mémoire sont intimement liées, mais opposées. Elles ont été longtemps perçues comme deux pôles entre lesquels l’expérience humaine se déplace. Mais comme le dit la critique Nancy Baric :
«Peu importe ce que l'on peut dire du passé et du présent, et des outils dont disposent les médias, le temps se déplacera toujours à la même vitesse et c'est notre perception qui change.»
Nancy Baric - Les médias et la vitesse de l'histoire, mai 2003

Les vitesses, les mémoires
Il y aurait donc plusieurs types de vitesses et de mémoires. En ce qui concerne la mémoire, il existe déjà plusieurs variantes : la mémoire collective, la mémoire vive, la mémoire du lieu, la mémoire à long terme, et même — lu récemment dans un article sur les médias — la mémoire commerciale. De la même façon que les déclinaisons des cinq sens se sont multipliées au cours des dernières années (le toucher, par exemple, est devenu le sens du chaud-froid, du doux-rugueux, du pointu-rond, etc.), la vitesse et la mémoire s’articulent aujourd’hui en plusieurs approches qu’il nous intéresse d’explorer.

Les médias eux-mêmes, les supports électroniques de la connaissance et de la culture, changent notre relation avec ladite culture. Depuis la fin du XIXe siècle nous avons assisté à l'inscription du temps culturel à même ces nouveaux objets médiatiques que furent le cinéma,
la phonographie, la vidéographie, etc. Or, ces objets médiatiques sont en train de se dissoudre dans un réseau d'information dont la réalité physique est remise en question. Il s'agit à proprement parler d'une révolution : la disparition du rôle de l'objet dans la consolidation culturelle. Ou le réseau serait-il appréhendable comme super-objet ?

HORAIRE

Jeudi 14 février
9 h 30 :             Présentation du thème
9 h 45 :             Exposé de Jocelyn Robert
10 h :                Conférence de Fabrice Montal
11 h :                Conférence de Jean Cristofol
13 h 45 :           Exposé de l’animateur
14 h :                Conférence de François Parra
15 h :                Conférence de Suzanne Leblanc
16 h 30 :           Discussion à propos de la journée

Vendredi 15 février
9 h 30 :             Rappel / résumé de la journée précédente
10 h :                Conférence de Alexandre Guay
11 h :                Conférence de Julien Maire
13 h 45 :           Discussion / plénière à propos des 2 journées
15 h 30 :           Ouverture de l’espace café

Une présentation d’Avatar

Avatr

En collaboration avec

FAAAV


CONFÉRENCES

« Réseau, corps, mémoire » par François Parra
Cette conférence sera basée sur la présentation du projet de François Parra intitulé « autotune.tk», et du développement des problématiques qui gravitent autour. autotune.tk est un programme qui compose ses propres morceaux en puisant dans une base de données constituée de chansons pop[ulaires] interprétées et enregistrées par vous, ou moi. Se posent alors les questions de la dimension collective du projet, de sa temporalité, de la décontextualisation du geste de l’utilisateur ou encore de la création d’une « créature » sonore autonome.

« La métaphore de la Reine rouge » par Jean Cristofol
Cette conférence s‘élaborera autour de trois questions qui s'entrelacent. La première s'appuie sur une réflexion dont le principe consiste à refuser de prendre la notion de temps réel comme l'expression du simple résultat de l'accélération du temps de calcul machinique. La seconde se préoccupe du réseau comme une «forme» dans laquelle le temps et l'espace se déploient en une multidimensionnalité complexe. La troisième déplace cette analyse des formes en la confrontant aux constructions que la tradition des «arts de la mémoire» nous a léguées. Le «jeu» consiste donc à rechercher les façons dont ces trois pistes se rencontrent : il s'agit, à partir de ces trois fils, de faire une tresse.

« Modulation de la largeur d'impulsion » par Julien Maire
Quel rapport y a-t-il entre la vitesse, la fréquence et la présentation d'une image en mouvement ? Comment les  nouveaux médias réinventent-ils l’immobilité ? Au travers de certains de ses travaux, à partir d'extraits de la conférence-performance «L'image électrique» (2003) et sur la base de la publication «Rafraîchir l'écran» (2005), le conférencier engagera une réflexion sur les techniques audio-visuelles et sur les relations entre vitesse et mouvement.

« La mémoire et l'obturation » par Fabrice Montal
Le texte qui va suivre ne correspondra pas tout à fait à ce que vous allez entendre. Ou, plutôt, il n’y correspondra pas dans le temps, ni dans l’espace. Truisme. Ce ne sera qu’un ersatz de quoi? D’une pensée qui s’est engagée ici et maintenant à réfléchir sur les rapports entre le cinéma et l’oubli, entre la mémoire et la multiplication des supports de sa manifestation. Il y aura quelque part une tentative de considérer le cinéma comme vecteur de sa propre disparition. Il y sera question d’images, de durées, de techniques et de rédemption.

« Météorologies » par Suzanne Leblanc
La prolifération de l’information et en particulier du savoir a été spécifiquement et régulièrement relevée depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Elle constitue l’un des motifs fondamentaux de la création des ordinateurs ainsi que de leur naturalisation dans le cadre du paradigme cybernétique. L’évolution récente du Web participatif, dont les wikis sont caractéristiques, pointe au-delà du contrôle et de la communication, vers un concept de système dynamique non-linéaire qui qualifie également les phénomènes météorologiques et climatiques.

« La Difficile Articulation Entre Vitesse et Mémoire : le cas du détecteur Atlas au Large Hadron Collider » par Alexandre Guay
Sur la base de l’étude du futur LHC, le plus grand accélérateur de particules au monde, cette conférence présentera les grandes lignes du système de sélection des données du détecteur Atlas, dont le rôle est d’extraire de l’information utile du milliard de collisions par seconde générées par l’accélérateur. Si toutes les données étaient stockées, cela équivaudrait à 100 000 Cds par seconde ou encore au flux produit par 50 milliards de conversations téléphoniques simultanées.

CONFÉRENCIERS

François Parra  (France)
Artiste – enseignant l’audionumérique à l’École des Beaux-Arts d’Aix en Provence (France),  François Parra travaille régulièrement pour le spectacle vivant, la radio et la vidéo. Plasticien de formation, il a ensuite étudié les techniques de l’audionumérique dans les studios du GMEM à Marseille. Ses principaux travaux portent sur le rapport du son à l’espace. François Parra est membre de plusieurs collectifs d'artistes tels que Daisychain, NøDJ/NøVJ et Cap15.

Jean Cristofol (France)
Jean Cristofol a fait parallèlement des études de droit et de philosophie. Une pratique d'écriture, souvent collaborative et pour partie en relation avec le cinéma, l'a conduit à ouvrir un champ de réflexion articulé autour de la question du temps et des temporalités. Enseignant à l'École supérieure d'Art d'Aix en Provence, sa recherche l'a conduit ces dernières années aussi bien à interroger la peinture, que les dispositifs artistiques  dans le champ des technologies.

Julien Maire (France)
Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Metz (France), Julien Maire, vit et travaille à Berlin depuis 2004. Artiste et performeur, il déconstruit et réinvente les techniques audio-visuelles. Ses travaux récents ont été présentés au festival Ars Électronica 07 où il a obtenu deux mentions d'honneur dans les catégories Art Hybrid et Art Interactif.

Fabrice Montal (Canada)
Fabrice Montal possède une déformation universitaire en histoire et cinéma. Il est programmateur pour Antitube depuis 1996, un organisme de diffusion en cinéma et vidéo à Québec. Depuis 2000, il est également un des programmateurs du Festival de cinéma des 3 Amériques. Musicien, compositeur et improvisateur, il écrit aussi parfois des articles critiques en arts visuels et médiatiques. Il considérera mourir sans projet particulier.

Suzanne Leblanc (Canada)
Suzanne Leblanc est professeure à l’École des arts visuels de l’Université Laval depuis 2003. Après avoir complété un doctorat et un post-doctorat dans le domaine de la philosophie du langage, elle a obtenu une maîtrise en arts visuels de l’UQÀM et un doctorat en Fine Arts de l’Université Concordia (2004). Elle a fait partie du collectif CECRI, et elle a récemment contribué à des publications collectives en France, en Allemagne et au Québec, dans le domaine de la philosophie de l’art et des médias.

Alexandre Guay (Canada)
Après deux ans en stage postdoctoral au département d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université de Pittsburgh, Alexandre Guay poursuit actuellement un postdoctorat à la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Ses recherches se sont toujours concentrées sur les questions à la frontière de la physique et de la philosophie, et plus particulièrement sur le statut des symétries et sur les conséquences philosophiques de leur usage par les scientifiques.