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RainDance / Paul De Marinis
Installation
Prenez un parapluie et baladez-vous sous les pommeaux de douche qui composent cette installation littéralement immersive; en vous protégeant de leurs jets d’eau, le parapluie diffuse une trame musicale, prenant la fonction de haut-parleur. Des mélodies populaires jaillissent à son simple contact avec l’eau… Fidèle à lui-même, De Marinis propose ici une installation techniquement insaisissable. L’idée lui en est venue alors qu’il était étudiant, grâce à l’infantile et scatologique personnage du Père Ubu, créé par Alfred Jarry, et de son invention excentrique qui confère aux gouttelettes d’urine un effet musical. Une dizaine d’années plus tard, De Marinis découvre que la physique vernaculaire de la fin du 19e siècle faisait état de la capacité d’un filet d’eau à amplifier le son. L’idée de Jarry n’était donc pas innocente… C’est à la commande d’une œuvre pour l’Expo ‘98 de Lisbonne que De Marinis se lance dans ses propres recherches sur le phénomène, développant dans son laboratoire personnel, armé de peu d’informations et d’un maillot de bain, cette installation où la musique est transportée par les jets d’eau et dans laquelle le spectateur peut « mixer » sa propre trame sonore. Danser sous la pluie n’a jamais été aussi réjouissant! À propos de Paul De Marinis Artiste majeur de sa génération, Paul De Marinis travaille en arts électroniques depuis 1971 et est l’un des premiers artistes à avoir utilisé l’informatique dans sa production : logiciels interactifs, voix synthétique, bruit, supports médiatiques obsolètes ou impossibles… De Marinis a créé nombre de performances, d’installations sonores et informatiques, d’inventions interactives en électronique ainsi que des œuvres d’art public. Il est actuellement professeur associé en arts à l’Université Stanford. De ses installations majeures, retenons The Edison Effect, qui utilise l’optique et l’informatique pour créer de nouveaux sons à partir du balayage par laser d’anciens disques de phonographe; Gray Matter, qui se base sur l’interaction entre le corps et l’électricité pour faire de la musique; The Messenger, qui examine les mythes de l’électricité en communication. Ses performances ont été présentées sur la scène internationale, dont à The Kitchen à New York, au Festival d’automne à Paris, ou encore au Ars Electronica à Linz. Ses œuvres sonores interactives ont été exposées entre autres au ICC de Tokyo et au Museum of Modern Art de San Francisco. Il a participé à divers programmes d’artistes en résidence, dont celui de Xerox PARC à Palo Alto en Californie, une entreprise unique qui réunissait artistes et scientifiques dans des projets de recherche de longue durée. Le Mois Multi a présenté en 2007 son installation One Bird, une flamme de gaz nourrie aux ions alcalins et modulée par des signaux électriques à haut voltage pour devenir un haut-parleur récitant des discours de Benito Mussolini, Franklin Roosevelt, Adolf Hitler et Joseph Staline. Photo: Paul De Marinis |
