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L’Art des bruitsAudio live
Pour les 95 ans du manifeste du futuriste italien Russolo, L’Art des bruits, Érick d’Orion a donné carte blanche à dix artistes du milieu de la création audio actuelle pour concevoir une œuvre s’inspirant du texte fondateur : inspiration directe ou indirecte, évocation, réinterprétation ou réappropriation... Les invités, parmi les meilleurs en art audio et autres sphères de l’écriture sonore, représentent un art vivant et en constante évolution. Surtout, ils sont de dignes avatars du « monstre » qu’aura engendré Russolo. Luigi Russolo est en effet l’initiateur d’une révolution artistique ayant marqué le début du XXe siècle. Malgré qu’il ait fait partie du mouvement futuriste italien avec Marinetti, Balla, Boccioni, Carrà et Severini, entre autres, son œuvre et sa carrière demeurent peu connues du grand public et des amateurs d’art en général. Né dans une famille de musiciens mais ayant fait des études en arts visuels, il revient à la musique en 1913 ; à l’issue d’une réflexion sur l’utilisation des bruits produits par la vie moderne, il publie alors son manifeste de la musique futuriste, L’Art des bruits. « Dans la nécessité de disposer d’instruments nouveaux adaptés à sa musique, il commence à fabriquer des intonarumori, des machines à jouer des bruits. Cocasses et révolutionnaires, ses expérimentations sonores sont à l’origine de la musique concrète et de la musique électronique qui apparaissent à partir des années cinquante. » Les concerts futuristes qu'il dirige, notamment à Paris à partir de 1921, « attirent un public nombreux, parmi lesquels Igor Stravinski, Maurice Ravel, Alfredo Casella, Piet Mondrian. » Pour créer une musique nouvelle, futuriste, Russolo préconise une démarche radicale qui ne s’attarde pas réellement à la nature du son, mais plutôt à la remise en question du système esthétique classique de son époque. Il introduit dans la composition musicale ce qui a toujours été perçu comme laid, inhumain, nocif, impropre à la sérénité de l'âme. Mais tout comme Marinetti, il devra prendre ses distances du mouvement futuriste, devenu l’art officiel sous Mussolini. Le Futurisme, Gérard-Georges Lemaire, Éditions du Regard, Paris, 1995. À propos d’Érick d’Orion Érick d’Orion est un artiste audio, en installation et en nouveaux médias, compositeur/musicien autodidacte et commissaire audio. Concentrant en grande partie ses recherches audio sur le maximalisme numérique et la tension omniprésente entre le quasi narratif et l’abstraction totale, il effectue un travail qui se rapproche du noize, de la musique concrète, du free jazz et de l’électroacoustique, tout en se gardant la totale liberté de ne pas faire partie d’une chapelle esthétique. Présentement, ses réflexions portent principalement sur la réinterprétation, l’appropriation et la relecture de certains concepts de l’histoire de l’art, en particulier la musique concrète, le dadaïsme et le futurisme. Il fait partie, entre autres, du duo morceaux_de_machines, a été cofondateur et directeur artistique du défunt collectif MACHINES : abstractions sonores électroniques, ainsi que cofondateur du collectif Napalm Jazz. Son travail a été présenté au Canada, en Europe, en Australie, à Cuba et au Mexique. Artistes invités le 18 septembre : Michel F. Côté
Artiste qui torpille son travail de musicien afin que rien ne se fige, Michel F. Côté se qualifie de perlustrateur audio, évitant ainsi toute tentative d’identification réductive. Membre du collectif Ambiances Magnétiques, il a développé quelques affinités observables avec certains autres membres de cette confrérie. Au fil des ans, Diane Labrosse, Martin Tétreault et Jean Derome se sont révélés être d’essentiels partenaires. De juillet à décembre 2003, le Conseil des arts et des lettres du Québec lui accorde le studio du Québec à Rome. Alexis Bellavance
Alexis Bellavance a étudié à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQÀM. Son travail explore les phénomènes de la perception, du temps et parfois, de la réflexion lunatique. Christian Calon
« La dimension architecturale du son et une réflexion sur les procédés narratifs représentent les orientations principales de mon travail musical actuel. Il développe les idées de Temps, de présence et de transformation. Mes œuvres récentes, à travers diverses formes telles que l’installation sonore spatiale, l’œuvre acousmatique ou la création radiophonique, sont liées par une commune exploration des modalités de l’audible et de l’écoute. Au cœur de cette réflexion, je conçois aujourd’hui l’espace comme un passage essentiel pour aborder la question centrale du Temps. » Hélène Prévost
Hélène Prévost a créé des musiques dans plusieurs domaines : théâtre, chanson, documentaire, publicité. Elle a enseigné et fait de la recherche en perception auditive à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, où elle a étudié la composition. La radio est depuis plusieurs années son lieu privilégié d’exploration. Réalisatrice-productrice à la radio de Radio-Canada de 1978 à 2007, elle consacre son travail, depuis 1985, aux musiques d’aujourd’hui, contemporaines et actuelles. Réalisatrice pendant 10 ans de l’émission Musique actuelle, elle a participé et contribué à la naissance de nombreux projets spéciaux : musique mixte, musique improvisée, écologie sonore, théâtre musical radiophonique. Elle a été une des créatrices du JIM (Jeu d’improvisation musical) en 1986. Artistes invités le 19 septembre : a_dontigny
Compositeur autodidacte, a_dontigny est l’un des membres fondateurs du collectif de « bruitisme libre » Napalm Jazz et du duo morceaux_de_machines. Ses compositions comportent une multitude de citations subtiles et sa palette sonore s’adapte à de nombreuses esthétiques, comme en témoignent ses projets avec Diane Labrosse (Télépathie, 2002), Chantal Dumas (Duophone, 2003) ainsi que sa collaboration encore inédite avec le compositeur Paul Dolden. Diane Labrosse
Compositeure, improvisatrice et interprète, Diane Labrosse se retrouve régulièrement sur les scènes de musique actuelle, de musique improvisée et de musique d’avant-garde, tant au Canada qu’à l’étranger, où elle a participé à plusieurs festivals d’envergure. Membre fondateur de Justine, Les Poules et Wondeur Brass, auprès de Joane Hétu et Danielle Palardy Roger, elle poursuit actuellement plusieurs projets dont le duo Parasites (Martin Tétreault), le quintette Petit Bestiaire (textes de Guy Marchamps), le trio Île bizarre (Ikue Mori et Martin Tétreault) et son projet à géométrie variable : Petit traité de sagesse pratique. Nicolas Bernier
Nicolas Bernier découvre la création musicale par le biais de la musique populaire. Sa curiosité le mène rapidement à la composition électroacoustique, qu’il étudie à l’Université de Montréal sous la direction de Robert Normandeau et de Jean Piché. Sa soif de découverte le pousse à travailler la composition acousmatique, l’électronique live, l’installation, la vidéo, ainsi que la musique pour la danse et le cinéma. Au sein de son éclectisme demeurent des constantes: un équilibre entre cérébralité et sensualité ainsi qu’entre la matière organique et le traitement numérique. Créateur actif, il forme depuis 2004 le duo Milliseconde topographie en collaboration avec la compositeure Delphine Measroch. En 2006, il fonde le regroupement d’artistes Ekumen. Lauréates de nombreux concours, ses œuvres ont été diffusées dans plusieurs événements internationaux tels que L’espace du son (Belgique), Akousma (Canada), DotMov Festival (Japon) et Transmediale (Allemagne). Jocelyn Robert
Jocelyn Robert travaille en art audio, art informatique, performance, installation, vidéo et écriture. Ses travaux ont été diffusés au Canada, aux États-Unis, au Mexique, au Chili, en Australie et en Europe. Il a publié une dizaine d’albums en solo et a participé à plus d'une vingtaine par d'autres artistes, a performé aussi bien en solo qu'avec Diane Landry, Laetitia Sonami et Bruit TTV et a realisé plusieurs installations en solo ou avec des collaborateurs tels Emile Morin et Daniel Jolliffe. En 1993, il a fondé le centre Avatar, à Québec, spécialisé en art audio et art électronique ainsi qu’OHM éditions. Il est intéressé par la banalytique, par l'espace entre les riens, par une certaine épaisseur du temps… Catherine Massicotte & Éric Normand
Après des années d'études en violon classique, puis en littérature, Catherine S. Massicotte opère une fracture radicale dans son exercice de la musique, passant d'interprète à improvisatrice et artiste audio. Disséquant les codes, elle privilégie l'aspect communicationnel, favorise la rencontre et l'échange et vise une connaissance moins rationnelle de l'instrument et de ses fonctions. Elle participe à plusieurs projets et ensembles dont le Tutu Combo, Minus 3, P.O.W.E.R et le GGRIL (Grand Groupe Régional d'Improvisation Libérée). Éric Normand est un artiste épi-disciplinaire et auto-instrumentiste qui vit à Rimouski. Il fabrique ses propres instruments, sauf une basse et une contrebasse. Il improvise avec Catherine Massicotte, Sébastien Cirotteau, Dominic Gagnon, Brigitte Lacasse, Joane Hétu, Jean Derome, Martin Tétreault et d'autres. Il est aussi chroniqueur de disques et directeur artistique de Tour de Bras.
Érick d’Orion tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec, les Productions Recto-Verso, l’équipe du Mois Multi, Avatar, La Bande Vidéo, CHYZ, Voir Québec ainsi que les artistes ayant accepté l’invitation.
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